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« Je ne mérite pas ce poste »

3 août
2 min de lecture

« Je ne mérite pas ce poste. » Je l'ai pensé le jour de ma nomination.

Je l'ai encore pensé des mois plus tard, avec les meilleurs résultats de l'équipe sous le bras.


Le jour de mon embauche, mon boss a été clair : ma lettre de motivation était « disqualifiante » à côté de l'autre candidate — elle, déjà manager.

Mais mon énergie, ça lui suffisait. Ma bienveillance ferait « le job », il fallait juste que j'apprenne. Ce qu'il ne m'avait pas dit, c'est que j'allais apprendre à mes dépens.

Le syndrome de l'imposteur, on en parle beaucoup. Presque trop — au point d'en faire un mal joli, presque flatteur. Mais vécu de l'intérieur, ce n'est pas une coquetterie.

C'est une voix qui, chaque matin, exige une nouvelle preuve. Un chiffre ne suffit jamais longtemps. Un compliment se dissout en une nuit. Et une phrase comme « disqualifiante », elle, ne se dissout jamais.

Ce que j'ai fini par comprendre, c'est que ce syndrome n'est pas un manque de compétence.

C'est un manque de cadre intérieur.

Quand ta légitimité dépend uniquement de ce que les autres te renvoient — un chiffre, un merci, un regard, ou pire : une comparaison —, elle est aussi solide que leur humeur du jour.

Le cœur sans cadre cherche sans fin des preuves à l'extérieur.

Le cadre, lui, se construit à l'intérieur : c'est savoir, indépendamment du dernier retour, que ta place est légitime.

Ça ne s'apprend pas en se convainquant une bonne fois pour toutes.

Ça s'apprend en accumulant, consciemment, les preuves qu'on choisit de garder — et en arrêtant d'écouter celles qui ne prouvent rien, sauf qu'un boss, un jour, a préféré ton énergie à ton expérience, et que c'était à lui de te former, pas à toi de payer son silence.

Si tu te reconnais dans ces lignes — si tu relis tes réussites en cherchant la faille plutôt que la fierté —, sache une chose : ce n'est pas la preuve que tu n'es pas à ta place.


C'est la preuve que ta légitimité s'est construite sur le regard des autres, et qu'il est temps de la reconstruire sur le tien.

Et ça, ça s'apprend.

 
 
 

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