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« Je ne sais pas être manager »



J'ai échoué à ma formation de management.

J'étais responsable de pôle depuis des mois. J'avais rendu un mémoire de trente pages, travaillé comme jamais. Et le verdict est tombé : échec. Le motif, en substance : à aucun moment je ne proposais de faire monter mes collaboratrices en compétences. Je savais tout faire. Je ne savais pas être manager.

Sur le coup, l'injustice m'a brûlée. Aujourd'hui, je sais que cet examinateur avait vu juste — et qu'il m'a offert, sans le vouloir, la leçon de management la plus importante de ma vie.

Reprenons au début.

Je suis embauchée comme responsable de pôle administratif. Je n'avais jamais managé personne. Sauf moi.

Alors j'ai fait ce que font tous les experts promus managers : je me suis réfugiée dans ma zone de confort. Les chiffres, la compta — mon terrain. Et le terrain m'a donné une excuse en or : trois ans de retard comptable. Dans une PME, c'est l'enfer, et c'est urgent. J'ai tout remis à plat, tête baissée.

Trois ans de retard à rattraper, c'était vrai. Mais c'était aussi la cachette parfaite pour ne pas faire le vrai travail : manager.

Première épreuve, premier échec silencieux. La comptabilité que je reprenais, c'était celle d'une collaboratrice en poste. Et j'étais incapable — physiquement incapable — de lui dire que ce n'était pas fait correctement. Trop peur de la blesser. Alors j'ai fait à sa place. Elle a vite compris le deal : même salaire, une charge mentale en moins. Six mois plus tard, elle avait complètement lâché. Et moi, je faisais son travail en plus du mien.

En croyant la protéger, je lui avais retiré son utilité. Mon silence n'était pas de la bienveillance. C'était de la peur, déguisée en gentillesse. Et elle en a payé le prix autant que moi.

Deuxième épreuve. Un mois après mon arrivée, me voilà bombardée responsable du planning. Je fais ce qui me semble juste : je m'assois avec chacune, j'observe comment elles procèdent. Des heures d'observation. Et à la fin... rien. Incapable d'en sortir une stratégie. J'avais de la bonne volonté à revendre — je n'avais pas de méthode.

Alors j'ai demandé une formation. Tu connais la suite : trente pages de mémoire, et un échec qui disait la vérité.

Parce que la vérité, la voilà : manager, ce n'est pas faire à la place. Ce n'est pas absorber, compenser, protéger en silence. Ça, c'est du cœur sans cadre — et le cœur sans cadre épuise tout le monde, à commencer par toi. Manager, c'est dire les choses. C'est oser le feedback qui pique un peu maintenant pour éviter le naufrage dans six mois. C'est faire grandir, pas faire à la place.

Et il y a une fenêtre pour installer tout ça : les 90 premiers jours. C'est là que tout se joue. C'est là qu'on choisit — souvent sans s'en rendre compte — entre se réfugier dans son expertise ou construire sa posture. Moi, j'ai choisi la cachette. Personne ne m'avait dit qu'il y avait un autre chemin.

Si tu viens de prendre un poste de manager, que tu es passé(e) d'expert(e) reconnu(e) à responsable d'équipe, et que tu sens cette petite voix qui te dit "retourne aux dossiers, au moins là tu sais faire" — écoute-la, mais ne lui obéis pas. Cette voix, c'est le signe que tu es exactement à l'endroit où tout se décide.

J'ai mis des années à apprendre ce que 90 jours bien accompagnés auraient pu m'éviter. C'est très exactement pour ça que j'ai créé ce que je propose aujourd'hui.

 
 
 

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